Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Promenades dans les expositions parisiennes

mes visites dans les expositions de Paris (et d'ailleurs)

« L’internement des nomades (1940-1946) » au mémorial de la Shoah

Le mémorial de la Shoah revient sur une des étapes du contrôle des « nomades » en France, pendant la seconde Guerre mondiale. Cette histoire est relativement méconnue (même si on a récemment pu voir une très intéressante exposition « Tsiganes » au palais de la Porte dorée), la politique de contrôle des nomades (catégorie mal définie, ce qui ouvre une certaine latitude d’arbitraire pour les autorités et la police) se formalisant principalement par une loi de 1912, qui perdurera (avec des évolutions, notamment en passant du terme de « nomades » à celui de « gens du voyage ») jusqu’au années 2010.

Cette logique de contrôle et de défiance à l’égard de populations supposées dangereuses et en tout cas indésirables s’est traduite pendant la deuxième Guerre mondiale par un régime d’assignation à résidence et d’internement dans des camps, dans des conditions de misère et d’hygiène déplorables : ce dispositif, mis en place dès la déclaration de guerre (les nomades étant vus comme des espions en puissance), a duré ensuite pendant toute l’occupation, mis en œuvre par l’administration française de son propre chef, et l’internement ne s’est vraiment terminé qu’en 1946, bien après la Libération. Si certes, en France (à la différence de l’Allemagne ou de la Belgique et des Pays-Bas occupés), il n’y a pas eu de déportation massive vers les camps de concentration (même s’il y en a eu), les conséquences pour les populations concernées ont été lourdes (mortalité, maladies, perte de la totalité de leurs biens, à commencer par leurs roulottes, leurs chevaux et leur matériel professionnel tel que projecteurs de cinéma…), la reconnaissance de l’Etat français sur sa responsabilité a été extrêmement tardive, seulement dans les années 2010.

Un rappel historique salutaire.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article