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Promenades dans les expositions parisiennes

mes visites dans les expositions de Paris (et d'ailleurs)

« Manuscrits de l’extrême » à la BNF – François Mitterrand

L’objet de l’exposition est de présenter des manuscrits réalisés par des auteurs célèbres, des personnes ordinaires voire des personnes non identifiées, dans des conditions extrêmes, que leur vie soit en danger ou leurs émotions irrépressibles. Plus précisément, l’exposition est organisée autour de quatre espaces : « Passion », avec des lettres d’amour exprimant des sentiments très puissants, y compris après la mort de l’être aimé ou après avoir failli le tuer dans une crise de folie ; « Possession », avec des textes (ou des dessins) rédigés dans des états où on ne maîtrise plus sa conscience, crises mystiques, consommation de stupéfiants, ou maladies psychiatriques, mais aussi séances de spiritisme ou d’hypnose : « Péril », où l’on trouve des écrits réalisés dans les tranchées de la Première Guerre mondiale, ou par des aventuriers perdus dans des régions inexplorés, agonisant ou encore frappés par une grave maladie ; « Prison », où l’on trouve aussi bien des tentatives de communication avec l’extérieur, des prisonniers qui écrivent pour ne pas sombrer dans la folie de l’isolement, aussi bien dans la Bastille du XVIIIe siècle que dans les centres d’interrogatoires de la Gestapo ou dans les camps de concentration…

C’est donc une exposition à la fois terrible et extrêmement émouvante : non seulement on y voit très concrètement des personnes réduites à utiliser des moyens de fortune, écrivant sur des supports qui ne sont pas prévus pour ça (parfois leur propres vêtements), dans quelques cas écrivant avec leur propre sang faute de disposer d’autre chose, avec dans de nombreux cas une écriture presque microscopique car l’espace est compté… mais aussi parce que ça mous met très directement en contact avec les personnes dans leur individualité, avec les émotions très fortes qu’elles ressentent, qu’au-delà même des mots employés (et parfois les mots sont insuffisants, ils sont complétés par des symboles ou des dessins),on perçoit à travers les traces de larmes sur le papier, la déformation de l’écriture (souvent quasiment illisible, indéchiffrable même).

Une expérience très forte, une exposition indispensable !

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